L’Alouette calandre
Une alouette désormais restreinte à la plaine de Crau
Carte d'identité
| Nom scientifique | Melanocorypha calandra |
| Famille | Alaudidae |
| Poids | 44 à 73 grammes |
| Taille | Hauteur : 10 à 23 cm ; Envergure : 34 à 42 cm |
| Espérance de vie | 5 ans |
Répartition et habitat
À l’échelle mondiale, l’Alouette calandre est présente dans une grande partie du Paléarctique occidental : Europe, Maghreb, Moyen-Orient, Asie Mineure, Mongolie, Russie… En Europe Occidentale, elle niche principalement en Espagne, au Portugal et en Italie. L’Alouette calandre était autrefois largement répartie dans le sud de la France : Pyrénées-Orientales, Aude, Aveyron, Lozère, Gard, Hérault, Drôme, Vaucluse, Alpes-de-Haute-Provence, Var et Bouches-du-Rhône. Actuellement, la population présente au niveau de la Réserve naturelle nationale des Coussouls de Crau est la seule qui subsiste en France.L’espèce inféodée aux pelouses sub-steppiques sous des climats secs et chaud, parvient à trouver des conditions favorables pour se reproduire et se nourrir en plaine de Crau. Toutefois, elle n’y est pas répartie de façon homogène. Elle se concentre dans un seul secteur de coussoul sec en lisière de places de pâturage. La pression de pâturage y étant plus faible, la végétation, plus haute, correspond mieux à ses exigences écologiques notamment pour dissimuler les nids.
Cette affinité pour une certaine hauteur de végétation est aussi partagée par les populations ibériques qui se trouvent fréquemment dans des friches du type anciennes jachères pâturées. Plus globalement, l’Alouette calandre occupe des parcelles agricoles gérées de façon extensive, des zones sablonneuses désertiques et des pelouses sèches thermophiles sur substrat caillouteux.
Cycle de vie

Bien que les mâles chanteurs les plus précoces soient actifs dès le mois de février, c’est à partir de la première quinzaine d’avril que les couples vont se cantonner à leur territoire de reproduction. En 2023, on estime entre 174 et 240 territoires de chant répartis sur 7km².
La période de nidification s’étale d’avril à juillet avec deux pics de pontes : fin avril / début mai et fin mai / début juin. Il est difficile d’identifier si le second pic de ponte correspond à des nichées de remplacement, qui ne sont pas rares pour cette espèce, ou si une grande majorité des couples réalise une seconde ponte dans la saison.
Les femelles pondent 3 à 7 œufs dans un nid rudimentaire. Composé d’herbes sèches , il est installé dans une dépression au sol dissimulée sous la végétation. La période d’incubation dure en moyenne entre 11 et 13 jours. Après l’éclosion, les poussins, nidicoles, restent dans le nid pendant 8 à 10 jours.
Les populations françaises sont sédentaires, elles sont donc présentes en plaine de Crau toute l’année.
Régime alimentaire

En automne et en hiver, c’est-à-dire en dehors de sa période de reproduction, l’Alouette calandre se nourrit principalement de graines comme l’indique son bec robuste.
Au printemps et en été, elle va radicalement changer son régime alimentaire. Elle consomme alors une large gamme d’invertébrés souvent chassés à l’affut au sol : libellules, criquets, cigales, papillons (chenilles et imagos), guêpes, abeilles, coléoptères, araignées, cloportes et mollusques…
Les poussins, insectivores, sont essentiellement nourris de chenilles, de papillons de jours, de criquets et de fourmilions. Les chenilles du Sphinx de l’euphorbe, charnues et abondantes en Crau, sont particulièrement appréciées.
Menaces
- Perte et fragmentation de l’habitat : artificialisation des sols (urbanisation, industrialisation, infrastructures), intensification et modification des pratiques culturales (irrigation), intensification de la viticulture et de l’arboriculture, abandon des jachères, régression du pâturage ovin, déprise agricole… Il s’agit de la principale cause de la régression de l’espèce.
- Lignes électriques : l’espèce est observée moins fréquemment à proximité des lignes électriques, ces effets négatifs s’étendant jusqu’à 1 km des structures. Des effets de déplacement ont été observés même en l’absence de modifications de l’habitat dans l’emprise, ce qui suggère un comportement d’évitement des lignes électriques (haute tension et très haute tension).
- Impacts directs : Une confusion peut être faite avec l’Alouette des champs, espèce chassable, ce qui pourrait entrainer des tirs accidentels sur l’Alouette calandre. Cela n’a néanmoins pas été constaté. Autre impact possible, il est probable que les chiens qui gardent les troupeaux prédatent des œufs ou des poussins. Le surpâturage peut aussi avoir un impact direct sur les individus à cause piétinement des nids, bien que cela ne soit pas non plus avéré.
Statut de protection

L’Alouette calandre est inscrite sur la liste des espèces protégées au niveau national. Son statut de conservation UICN est considéré comme « En danger » en France et en PACA. En Occitanie, l’espèce est considérée comme en « Danger critique » d’extinction lors de la réalisation des listes rouges (Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon) en 2015. Depuis cette évaluation, elle a malheureusement disparu de cette région.
Actions pour la préserver

Il est primordial d’assurer la protection de la seule population française restante. N’étant localisée que dans une petite partie de la Crau sèche pour se reproduire, des mauvaises conditions météorologiques ou une modification de la gestion du secteur pourraient mettre fortement en péril son maintien sur le territoire national.
La gestion autour de la zone occupée par l’Alouette calandre doit aussi lui être favorable afin d’offrir localement d’autres secteurs à coloniser. Pour ce faire, le Conservatoire d’espaces naturels de Provence-Alpes-Côte d’Azur et la Chambre d’Agriculture des Bouches-du-Rhône, cogestionnaires de la Réserve naturelle, ont intégré ces enjeux dans le plan de gestion de la réserve dont les orientations sont à respecter scrupuleusement.
L’Alouette calandre bénéficie également d’un Plan national d’actions, dont l’animateur national est le Conservatoire d’espaces naturels de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Les actions prévues visent à assurer le maintien de la population existante et à conserver des conditions favorables, dans les secteurs anciennement occupés et à proximité, pour une éventuelle recolonisation.
Une veille est nécessaire afin de pouvoir déceler l’arrivée de couples dans de nouveaux secteurs en France. Le cas échéant, des mesures de protection spécifiques devront être mises en place dans les plus brefs délais afin d’assurer la réussite de la reproduction et pérenniser son installation.
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- Étude sur le « Suivi de la population d’Alouette calandre sur la plaine de la Crau 2021-2023 »
Rédaction : Jean-Christophe Bartolucci