Publié le 8 juillet 2021 - Publication

La queue des tritons et des salamandres est-elle un bon indicateur de leur condition corporelle ?

Une étude réalisée avec la participation du Conservatoire d'espaces naturels de Provence-Alpes-Côte d'Azur vient d’être publiée dans la revue scientifique The Science of Nature. Les auteurs ont évalué la pertinence d’une mesure utilisée fréquemment pour déterminer la condition corporelle de certains urodèles (tritons, salamandres) : la largeur de la queue.

Tous les animaux ont besoin de stocker des composants riches en énergie pour survivre durant les périodes d’appauvrissement des ressources trophiques et de changements environnementaux saisonniers (sécheresse par ex.). Chez les urodèles, la queue a été décrite comme un organe impliqué dans l’accumulation de tissu adipeux. Les lipides stockés dans la queue pourraient être utilisés pendant l’hibernation, la sécheresse, la reproduction ou la métamorphose. Par conséquent, la variation relative de la largeur de la queue a été utilisée chez certaines espèces d’urodèles comme un indice de la condition corporelle. Néanmoins, la fiabilité de cette mesure n’a jamais été évaluée.

Dans cette étude nous avons calculé une mesure à l’échelle de la largeur de la queue pour 345 individus appartenant à 6 taxons méditerranéens (Euproctus montanusSpeleomantes imperialisSalamandrina perspicillataSalamandra atra atraSalamandra atra auroraeTriturus cristatus) présentant une grande variation phylogénétique, comportementale et écologique. Nous avons associé cette mesure à un indice de masse corporelle (Scaled Mass Index), qui prédit de manière fiable la teneur en graisse.

Sur la base de nos résultats, la largeur de la queue des urodèles ne fournit que des informations partielles sur l’état physiologique car elle est soumise à un large éventail de processus biologiques et écologiques, aux niveaux intra et interspécifiques. La largeur de la queue peut être liée à l’écologie des individus et peut être un indicateur de l’état corporel pour les espèces chez qui la queue n’est pas impliquée dans des adaptations environnementales ou reproductives particulières (par ex. Salamandrina perspicillata et les salamandres « alpines »). La largeur de la queue ne doit donc pas être utilisée comme un indice fiable de la condition corporelle d’une espèce sans une validation préalable.

 

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L’article est également disponible sur demande à julien.renet@cen-paca.org

 

Rosa G., Costa A., Renet J., Antonio Romano A., Roner L. & Salvidio S. 2021 – Energy storage in salamanders’ tails: the role of sex and ecology. The Science of Nature 108 (27).